CELEBRATION DU CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE EUROPENNE DEVENUE L’UNION EUROPEENNE
23 mars 2007
DISCOURS DU GENERAL DE CORPS D’ARMEE (C.R.) RANJEVA MARCEL
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer le 50ème anniversaire de la fondation de la Communauté Economique Européenne, appelée communément CEE .Faut-il rappeler que cette communauté a été créée le 25 mars 1957 par le Traité de Rome, aussi c’est avec un grand honneur et un réel plaisir que je prends la parole devant cette auguste assemblée.
Tout d’abord , permettez-moi de saisir cette occasion pour adresser mes félicitations les plus chaleureuses non seulement à l’endroit des pays fondateurs de la CEE mais également à tous les pays membres de l’Union européenne avec nos vœux de bonheur et de prospérité au peuple européen.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Après les deux grandes guerres qui ont secoué le monde en général et l’Europe en particulier, l’idée de créer la Communauté Economique européenne traduit déjà la volonté de l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, les six pays initiateurs, de s’unir dans cette forme d’intégration régionale au moment où les pays africains commençaient à recouvrer leur indépendance.
Quelques années plus tard, la réussite de cette forme d’intégration régionale a servi de modèle à plusieurs pays en voie de développement notamment l’Afrique. Aussi n’est-il pas étonnant de voir l’Afrique devenir le partenaire privilégié de la CEE.
De ce fait, on ne peut parler de la CEE sans parler du rôle capital qu’elle a joué dans le développement de l’Afrique , car, du Traité de Rome aux Conventions de Lomé en passant par celles de Yaoundé, elle n’a pas cessé d’accompagner l’Afrique dans ses programmes de développement à travers le financement du Fonds Européen de Développement ou FED.
Je peux dire sans ambages que la CEE a beaucoup fait et donné à l’Afrique. Ce qui nous réjouit, c’est de constater que l’Union européenne a non seulement continué cette coopération avec l’Afrique, mais plus encore, elle l’a améliorée et renforcée pour devenir un véritable partenariat notamment avec le lancement des négociations des Accords de Partenariat Economique ou APE en 2002 avec les pays ACP.
Concernant particulièrement Madagascar, nos relations avec la CEE ont déjà commencé en 1959 au lendemain même de l’entrée en vigueur du Traité de Rome. C’est ainsi que la Délégation européenne bien que connue sous différentes appellations auparavant, était déjà présente dans notre pays dès 1960.
Pour sa part, Madagascar, conscient de l’importance de la coopération avec la CEE, a ouvert sa Représentation permanente auprès de la CEE à Bruxelles dès 1964.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de retracer brièvement le chemin que Madagascar et la CEE ont parcouru ensemble depuis le Traité de Rome jusqu’aux dernières Conventions de Lomé :
- dès 1959, Madagascar bénéficiait déjà de la CEE, au titre du 1er FED, d’un financement s’élevant à 56 millions d’UCE ou Unité de Compte Européenne, appelée plus tard ECU , et portant essentiellement sur la réparation des infrastructures routières et ferroviaires ravagées par les cyclones ;
-de 1965 à 1975, le financement global de la CEE, au titre du 2ème et du 3ème FED, a atteint 135 millions d’ECU et le domaine d’intervention de la CEE s’est étendu au secteur agricole notamment le développement de la riziculture ainsi que l’amélioration et la diversification des cultures d’exportation ;
- à partir 1975 à 1990, avec la signature des Conventions de Lomé I, II et III, la coopération entre Madagascar et la Communauté européenne s’est accrue. C’est ainsi que cette dernière a alloué une somme de 147 millions d’ECU au titre du 4ème et du 5ème FED et de 125 millions d’ECU au titre du 6ème FED pour financer le développement rural. Durant cette période, le Fonds de stabilisation des recettes d’exportation sur les produits agricoles ou STABEX et le Fonds de stabilisation des recettes d’exportation des produits miniers ou SYSMIN ont été créés ;
- de 1990 à 2000 avec la Convention de Lomé IV, le montant total du financement n’a cessé d’augmenter pour atteindre plus de 321 millions d’ECU, au titre du 7ème et du 8ème FED. Ce financement a été consacré aux infrastructure et transports.
Tout cela pour vous montrer que Madagascar et la Communauté Européenne ont toujours travaillé main dans la main et ce, depuis des décennies et nos relations n’ont cessé de se raffermir particulièrement après l’Accord de Cotonou où une nouvelle forme de coopération basée sur le partenariat s’est établie entre notre pays et l’Union européenne.
En effet, cette dernière a contribué d’une manière significative et soutenue au développement économique de Madagascar. L’allocation de plus de 900 millions d’euros au titre du 9ème et du 10ème FED pour financer nos deux grands domaines de concentration, en l’occurrence, les infrastructures et transports d’une part et le développement rural et la sécurité alimentaire d’autre part, en est la preuve tangible.
Dans ce même ordre d’idée, permettez-moi de soulever que Madagascar vit actuellement une période difficile, suite au passage de six cyclones tropicaux, dont le plus récent, Indlala a été le plus meurtrier et a beaucoup affecté toute la partie nord de l’île.
Devant cet état de chose, vous avez manifesté votre solidarité envers nous.
Nous remercions la Communauté Internationale de tout ce qu’elle a fait jusqu’à présent et nous nous engageons à lui faire part des rapports réguliers sur l’évolution et le bilan des cataclysmes sur la gestion de l’utilisation des aides et assistances qu’elle a bien voulu nous accorder.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Au nom du gouvernement et de la population malgache, je ne saurais clore ce discours sans adresser mes vifs remerciements tout d’abord à l’Union européenne pour le soutien sans faille dont elle a toujours fait montre pour le développement de notre pays, et également au gouvernement allemand pour son engagement à se consacrer plus particulièrement à l’Afrique durant la période pendant laquelle elle assurera la Présidence de l’Union européenne.
Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous remercie.