Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les débuts d’année sont toujours des moments à la fois plaisants et motivants.
Plaisants parce qu’ils nous permettent de nous revoir, tous ensemble, de réunir nos vœux et nos aspirations afin que l’année nouvelle soit encore meilleure. Pour moi c’est l’occasion d’avoir le plaisir exceptionnel de vous remercier de l’excellent esprit qui a toujours prévalu dans nos relations, de tracer avec vous les contours d’une nouvelle année de travail et de défis que nous allons, j’en suis convaincu, mener à bien.
Motivants parce que nous représentons ici l’ensemble des énergies disponibles dans le Concert des Nations, des énergies mobilisées pour que Madagascar et ses atouts puissent se positionner favorablement dans le rapport des forces mondiales.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Il y a quelques jours nous avons eu le privilège de la primeur des grandes orientations que SE Monsieur le Président de la République souhaite donner aux affaires nationales en cette année 2008. Ces orientations vont éclairer le déploiement de nos efforts et aujourd’hui je souhaite partager avec vous l’esprit dans lequel nous allons nous y prendre et pour lequel nous comptons sur votre adhésion et vos appuis.
• La recherche des facteurs de croissance économique sera, plus que jamais, au cœur de notre diplomatie : une croissance qui loin d’aggraver la précarité devra étendre le champ de la démocratie , une démocratie à mondialiser. Il s’agira donc pour nous de présenter à tous les porteurs d’enjeux économiques et financiers mondiaux les réalités acquises au cours des dernières années et les efforts qui seront encore à accomplir et ce pour que Madagascar devienne un pôle majeur d’opportunités par ses potentialités avérées, par la qualité de ses ressources humaines, l’évolution rapide des infrastructures et des services ainsi que de l’environnement général des affaires. Nous disposons aujourd’hui du cadre de référence qu’est le MAP. C’est en lui donnant les chances de s’étoffer dans l’action que nous allons, avec votre concours, en récolter les premiers fruits et corriger la trajectoire là où nous constaterons qu’il faut le faire.
Plus que quiconque vous savez que Madagascar ne pourra y parvenir tout seul. Plus que quiconque, vous savez aussi que Madagascar ne sera pas le seul à en tirer profit. Le développement solidaire et la paix sont les mots clés du monde actuel ; nous ferons preuve d’imagination diplomatique en privilégiant la négociation des compromis, l’aide, la dissuasion, pour des forces de paix, de raison, de tolérance. Par ailleurs, soyez assuré qu’autant que faire se peut, Madagascar sera présent à vos côtés pour relever les grands défis planétaires que sont, entre autres, les changements climatiques et la déforestation.
Excellences , Mesdames et Messieurs,
Dans sa grande majorité le peuple malgache vit dans les zones rurales. Le monde rural est notre réserve et notre espace de ressourcement. Les valeurs ancestrales qui ont présidé l’harmonie entre les hommes et la répartition équitable des richesses y sont encore préservées. Certes, il nous faut les mettre aux couleurs de la modernité mais nous devons savoir y puiser les éléments de sagesse qui vont enraciner notre nécessaire ouverture au monde. Dans le monde rural se trouvent nos terres fertiles, celles qui regorgent de richesses minières, celles qui préservent les ressources en eau. On y trouve également les forêts qui font l’objet d’une vigilance accrue face à la prédation irresponsable qui n’est pas toujours le fait des populations. L’engagement pris par SE Monsieur le Président de la République en 2003 à Durban reste d’actualité. En se structurant dans le cadre du Système des Aires Protégées de Madagascar, le développement des populations se fait en harmonie avec les espaces sensibles de notre patrimoine naturel.
L’aménagement du territoire suivant le nouveau découpage administratif, la disponibilité des technologies de l’information et de la communication, la sécurité et surtout l’accès aux ressources financières correspondant aux besoins du monde rural : voilà les champs où nos expertises et nos intérêts croisés peuvent pleinement s’exprimer au long de cette nouvelle année. Avec notre travail et notre solidarité, le monde rural ne sera plus le réservoir de migrants hallucinés par les mirages de la ville mais, comme je le disais tantôt, le réservoir de la richesse et de la sagesse. La croissance économique n’aboutira au développement durable qu’en intégrant la plus large base de notre pyramide sociale.
Par ailleurs, face aux bouleversements climatiques, l’interpellation de Saint-Exupéry est lumineuse, je cite : « la terre ne nous appartient pas : nous l’avons empruntée à nos ancêtres pour la remettre à nos descendants » fin ce citation ; aussi, le développement que nous voulons être durable aujourd’hui implique une responsabilité morale vis-à-vis de nos descendants. Nous ne pouvons pas accepter le principe d’achat du droit à polluer à nos dépens.
Il est vrai que l’éthique met à l’épreuve des croyances qui ont longtemps régi des pratiques, mais les faits sont là : canicules, sécheresse, désertification, inondation, apparition de nouvelles maladies dues au changement climatique, élévation du niveau de la mer sont de véritables fléaux aujourd’hui. Le traitement de l’après Kyoto exigera donc encore plus de .rigueur.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La troisième orientation est la réduction de la pauvreté. Réduire la pauvreté c’est mettre fin aux différentes formes d’exclusion qui empêchent une partie non négligeable de notre population de participer à la création de richesses et de jouir de leur répartition. La pauvreté, c’est le déni du droit à l’existence sociale, économique, culturelle, en un mot à la dignité de l’homme. Le nouveau découpage territorial est la manifestation de notre volonté de rapprocher le pouvoir des administrés. Non seulement pour que la population puisse jouir au plus vite et au mieux des directives du gouvernement mais aussi et surtout pour que le gouvernement puisse enrichir son écoute de la population afin de mieux répondre à ses besoins immédiats et ajuster les actions vers le développement durable. Durable parce que tout à fait approprié et bien enraciné dans la culture populaire.
Si la pauvreté signifie exclusion du point de vue politique, la réduction de la pauvreté doit se traduire par la participation de la population au pouvoir de décision. Vous en êtes les témoins, la progression de la dynamique démocratique à Madagascar est un fait. Vous pouvez en témoigner car vous en êtes aussi les parrains. Les différents appuis que vous nous avez apportés n’ont pas été vains et nous pouvons être fiers des résultats obtenus jusqu’ici. Et parce qu’une population est une entité vivante qui ne cesse d’évoluer, les mécanismes comme le processus démocratique qui lui permettent d’harmoniser les forces qui l’animent doivent aussi évoluer. A Madagascar, les bases de l’évolution démocratique sont en phase de consolidation. C’est le garant de l’établissement d’une bonne gouvernance, elle – même facteur de réduction des exclusions, donc de la pauvreté.
La diplomatie malgache est pragmatique. La trilogie Enracinement, Ouverture, Adaptation préside à ses actions. Elle s’est honorablement acquittée de sa mission en 2007. La restructuration pour le changement adaptatif c'est-à-dire une plus grande opérationnalité de ses stratégies aux fins de « Promotion de Madagascar et du renforcement de la Coopération économique » se poursuivra. C’est une diplomatie renouvelée pour un développement économique au service des communautés, un développement qui soutient nécessairement le programme africain d’intégration et porté par une société d’information inclusive. Elle s’est enrichie d’une économie relationnelle sur laquelle la diversité culturelle, aujourd’hui la norme dans le monde, ne nous permettra plus demain de faire l’impasse.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Avec ces trois grandes orientations données par SE Monsieur le PRM, nous avons de quoi redoubler nos efforts, mieux coordonner nos actions pour plus de résultats au bénéfice de la population malgache et de nos pays respectifs. La population malgache connaît votre indéfectible solidarité vis-à-vis des grands défis auxquelles elle fait face et elle vous en est reconnaissante. Je vous serai gré de bien vouloir transmettre cette reconnaissance aux Instances dirigeantes dont vous êtes les émissaires. Le Ministère des Affaires Etrangères que j’ai l’honneur de diriger s’associe évidemment au nom de l’Etat malgache, à cette reconnaissance. Je vous convie par ailleurs à faire, à nos côtés, de l’année 2008 « l’année du plus et du mieux encore » des différentes formes de coopération qui ont tissé l’excellence de nos relations. C’est le vœu que je formule en cet instant privilégié.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Face aux conflits qui se développent et perdurent dans le monde, notamment au Proche-orient et au Darfour, Madagascar, membre des Nations-Unies et de l’Union africaine, continuera à privilégier une diplomatie institutionnelle préventive et des stratégies de dialogue et de médiation pour la paix et la sécurité. La reconnaissance des Etats palestinien et israélien comme l’encouragement des négociations sur le Sahara occidental s’inscrivent du reste dans la droite ligne de ce choix politique. Dans cette même logique, nous demeurerons hostiles à toutes proliférations d’armes nucléaires et de destruction massive.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Nous souhaitons que dans le cadre des négociations des APE (Accords de partenariat économique) le volet « développement » ne soit pas oublié. En effet, Madagascar et les pays ACP en général, doivent très prochainement faire face à la concurrence entrainée par l’ouverture des marchés, selon les règles de l’OMC.
Honorables invités, Excellences, Mesdames et Messieurs,
Puisse cette année apporter dans tous vos foyers, la santé, la paix, la joie, la prospérité pour une humanité libre, heureuse, diverse, équitable, soucieuse de dignité, de respect.
Je vous remercie de votre aimable attention.